mardi 29 janvier 2013

Quarante jours pour devenir meilleur

Quand j'étais petit, mon frère et moi observions, le carême en supprimant la barre de chocolat du goûter. Il ne restait, en somme, que le pain. Mais c'était pour moi un effort de carême d'autant moins méritoire que je n'aimais pas le chocolat ... Et j'en ai retenu, à l'époque, que le carême consiste à se priver de quelque chose.

 

Ce qui n'est pas entièrement vrai. Le carême consiste à faire des efforts pour devenir meilleur. Consommer moins pour partager plus, ou pour se reprendre en main après un temps de relâchement ; passer un peu moins de temps en futilités et un peu plus en prière, en méditation, en lecture ; améliorer nos relations avec autrui, demander et donner le pardon ; tourner notre regard vers le Seigneur. Tourner notre regard vers le Seigneur,  c'est précisément le sens du mot '' conversion ''.  '' Conversion '', dans le grec de l'Evangile comme en latin, signifie de façon littérale '' demi tour ''. Nous retourner, quitter le chemin que nous étions en train de prendre, revenir vers Dieu qui, avec sa grande patience, ne cesse de nous tendre les bras.

 

Certes, nous y avons souvent quelque mal. Notre pente naturelle va vers la distraction. Nous ne sommes pas méchants, non ; nous sommes des adultes expérimentés et d'honnêtes chrétiens, mais, comment dire ? Moyens. Moralement et spirituellement moyens. Bons ici, médiocres là. Avec quelques péchés si bien ancrés que nous ne les voyons plus et peut-être un peu de lassitude spirituelle.  

 

Le carême vient à point nous tirer de ce ronron spirituel de nos vie d'adultes. '' Revenez à moi de votre coeur '', dit le Seigneur par le prophète Joël, '' car je suis un Dieu de tendresse ! '' Pour se rapprocher de Dieu, pour remettre notre vie devant Lui, pour renouer avec nos engagements et pour redécouvrir notre vocation chrétienne(qui est la sainteté), tous les moyens sont bons. Lire, écouter, partager, agir, prier, jeûner, faire silence, chanter, danser même (pourquoi pas ?), retrouver des amis perdus, faire plaisir gratuitement à nos proches, vider une vieille querelle,  être bons, généreux, joyeux, simples et confiants ...

 

... Et si le fait de vous priver de chocolat vous aide à vous rapprocher du Seigneur, n'hésitez pas : enfermez le chocolat à double tour ! Quant à moi, il faudra que je trouve autre chose ...

 

Nous ne serons plus jamais seuls ; le Seigneur est avec nous.

Fr. Yves COMBEAU
 

lundi 28 janvier 2013

Dans la guerre, être porteur de paix

Il porte la mitre et l'uniforme.

Sur son treillis est brodé le signe distinctif

de l'aumônerie militaire catholique :

la croix entre deux rameaux d'olivier.

Rencontre avec Mgr Luc Ravel, évêque aux Armées françaises.

 
 

Le diocèse aux Armées en chiffres

296 493 hommes et leur famille

230 aumôniers

1 cathédrale, Saint-Louis-des-Invalides à Paris



Le Bulletin : Monseigneur, vous êtes à la fois soldat et homme de Dieu !

Mgr Ravel : J'ai une mitre et une casquette militaire. Pour nous, catholiques, c'est indissociable. Nous conjuguons la mission confiée par l'armée et la mission confiée par l'Eglise. En espérant qu'il n'y ait pas d'opposition. Etymologiquement le mot ''mission'' signifie qu'on est envoyé par quelqu'un. Il est important de le redire : le militaire n'est pas militaire de son propre chef ; le militaire est quelqu'un qui est envoyé par la Nation. De même, je ne m'invente pas comme prêtre mais j'accepte une mission confiée par l'Eglise.

 

Les chrétiens ont-ils un rôle à jouer dans la guerre ?

La guerre est une spirale de violence qui engendre très facilement en chacun une spirale de mort. C'est une situation où la régression humaine est toujours possible. Dans cette réalité si particulière, il faut des hommes taillés sur mesure en sorte que cette violence - bonne quand elle montre comme une colère face à l'injustice et nécessaire pour prendre les armes - soit intimement associée avec d'autres forces intérieures de recherche de la paix, du pardon, de force véritable, de maîtrise de soi. C'est un des rôles de l'aumônerie militaire que de soutenir et former les hommes en ce sens.

 

Comment user de son arme et ne pas se sentir en contradiction avec l'Evangile ?

Le militaire chrétien est habité par la conscience de contribuer à défendre un état qui est le seul état convenable pour que l'homme, personnellement et collectivement, puisse se déployer. Cet état, nous l'appelons la paix. Le militaire, même lorsqu'il est obligé d'user de la violence et du feu de son arme, est une ''sentinelle de la paix'', pour reprendre l'expression du pape Jean-Paul II.

 

Même s'il faut tuer ?

Moralement parlant, on peut accomplir des actes susceptibles de donner la mort dans la mesure où l'intention n'est pas de donner la mort, mais de préserver sa vie. C'est le cas de la légitime défense qui vaut à titre personnel et collectif. Le militaire n'agit pas par haine de l'autre. Il agit au nom d'une collectivité qui lui confie sa mission en vue de rétablir la paix.

 

Comment l'Eglise se fait-elle proche des hommes qui se battent ?

L'aumônier, à la différence de tous les autres membres du clergé, n'a pas à se faire proche. Il est proche par statut. C'est la particularité de l'aumônerie militaire. Nous sommes militaires avec les militaires. Ce qui veut dire : être avec les hommes en toute circonstance. Si les balles doivent siffler au dessus des têtes, elles siffleront pour le padre comme pour les autres.

 

Que dire face aux cas de conscience ...

C'est très délicat. En Afghanistan, lorsque vous voyez une femme en burqa bleue de la tête aux pieds, vous n'avez pas toujours la possibilité de voir si elle a de grands ou de petis pieds. Elle s'approche de votre section alors qu'elle ne devrait pas s'en approcher. Que faites-vous ? Si vous ne faites rien, c'est peut-être une brave dame qui vous apporte un peu d'eau ou quelques fruits, mais ça peut aussi coûter la vie à cinq ou six camarades. C'est d'abord la formation morale qui importe. Sur le moment, on n'a pas toujours le temps de faire de grands débats éthiques. Il y a aussi la grâce de Dieu. C'est celui qui est le chef sur le moment qui va prendre la décision. Aussi avons-nous pour mission de former les consciences en amont. Notre rôle est d'abord préventif.

 

Dans la guerre, le soldat chrétien est-il porteur de paix ?

Il doit l'être. C'est son but ultime. Ou alors il n'est pas dans la perspective profondément humaine qui est celle de nos sociétés démocratiques actuelles. La seule légitimité de l'existence et de l'action des armées, c'est la défense qui vise à rétablir la paix. Soit parce qu'on est attaqué directement dans nos vies, nos valeurs, nos biens. Soit parce qu'on estime que d'autres sont attaqués et que la solidarité internationale doit jouer. La guerre n'est pas la seule force, encore une fois ! Mais la guerre brise la spirale de la violence injuste.

 

S'il fallait définir la paix ?

La paix est l'état où toutes les forces vives travaillent ensemble dans le sens d'une plénitude. Et s'il est une béatitude qui doit rester gravée dans la conscience du militaire chrétien, c'est : "Bienheureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu".

 

Un voeu ?

Je voudrais que les militaires croyants se retrouvent à Lourdes pour travailler pour la paix à l'occasion du Pèlerinage militaire international. En même temps que l'usage des armes de fer, il faut s'emparer des '' armes de lumière ''.

 Interview réalisé par Marta DEL SOL

Article tiré de Vivre l'Evangile à la télévision
Le Bulletin déc. 2012 jan. 2013
            
 
 
 
 

 

mercredi 9 janvier 2013

Prière pour les malades

Notre Dame de Lourdes,
santé des infirmes, vous qui guérissez les corps afin de mieux guérir les âmes, montrez vous favorable à nos désirs ardents. Soyez l'espoir pour nos malades.
Vierge miséricordieuse dont le nom seul évoque de merveilleuses guérisons, montrez-nous votre amour et intercédez pour nous et pour les êtres qui nous sont chers auprès de votre fils Jésus.

mardi 1 janvier 2013

Belle et bonne année 2013

Je te souhaite, pour l'année qui s'ouvre, non pas de réussir dans toutes tes entreprises mais de recevoir et d'accueillir dans ton coeur et dans ta vie, jour après jour et pas après pas, l'amour de Dieu qui donne sens à l'existence.
Je te souhaite, non pas de ne subir aucun échec mais d'accueillir comme un don la force qui permet de rester debout, malgré les lourds fardeaux.
Je te souhaite, non des jours paisibles mais la capacité de te laisser déranger par les autres, et d'accueillir celui qui est différent, comme un envoyé de Dieu.
Je te souhaite, non d'avoir réponse à toutes les questions mais de savoir recevoir les interrogations des autres , de porter en toi leurs peines, leurs soucis, pour être auprès d'eux, une soeur, un frère solidaire, porteur de partage et de paix. (Anonyme)